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sommaire

HISTOIRE

Les relations internationales de 1975 à 1991

I/ La "Guerre fraîche" (1979/1985)

A) Les causes de la "Guerre fraîche" (1975-1979)

  • Les difficultés intérieures américaines

Août 1971 : la fin de la convertibilité du dollar en or accentue des désordres monétaires.

Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 accentuent la crise économique.

Nixon déconsidéré par l'affaire du "Watergate" doit démissionner en 1974 (affaires d'écoutes illégales des républicains envers les démocrates) avant que ne se déclenche une procédure d' "impeachment".

  • La "Coexistence pacifique " : marché de dupes pour les américains.

Autour des années 1973/1979 le rapport de forces international évolue en défaveur des États-Unis. Partis du Viêt-nam du Sud, ceux-ci ne peuvent empêcher les communistes d'investir Saïgon en avril 1975 tandis que les Khmers rouges de Pol Pot prennent la capitale du Cambodge. La région devient le champ clos de l'influence communiste entre partisans de Moscou (Viet-Nam qui adhère au CAEM) et de Pékin (Le Cambodge et le Laos sur lequel Pol Pot a étendu son protectorat).

L'U.R.S.S. de Brejnev exploite alors toutes tes opportunités. Onze traités d'amitié sont signés avec des États du Tiers Monde. En Afrique, les Soviétiques appuient les forces cubaines engagées au Mozambique et en Angola (1975) et prennent pied en Somalie (1974) puis en Éthiopie (1977). Ils arrivent même à s'implanter en Amérique centrale, au Nicaragua (1979).

Au Moyen-Orient, le Shah d'Iran, soutenu pas les États-Unis, est chassé du pouvoir par 1a révolution islamiste (Ayatollah KHOMEINY) en janvier 1979. L'épisode le plus spectaculaire est la prise en otages en novembre du personnel de l'ambassade américaine à Téhéran.

L`Union soviétique en profite pour intervenir en décembre 1979 en Afghanistan où elle vient conforter un régime pro-communiste. Les réactions occidentales sont vives et entraînent un revirement de la politique américaine.

B) Les manifestations de la "Guerre fraîche" (1979-1985)

  • Les premiers gestes sont symboliques : arrêt des livraisons de céréales, boycott des jeux olympiques de Moscou, refus de ratifier les accords SALT II signés en juin 1979.
  • Mais c'est Ronald Reagan élu en 1980 qui personnifie le renouveau américain. Priorité est donnée au budget militaire qui atteint 292 milliards de dollars en 1985. Dès mars 1983, Reagan annonce la réalisation d'un système de destruction des missiles adverses en plein vol : "l'initiative de Défense stratégique". Son coût, estimé à 100 milliards de dollars sur cinq ans représente un défi technologique et financier que l'URSS ne peur relever.
  • La crise des "euromissiles":

Depuis 1977, les Soviétiques ont déployé en Europe de l'Est les SS 20, des missiles à portée intermédiaire (4500 km) qui ne sont pas comptabilisés dans les accords SALT. En décembre 1979 l'OTAN a décidé à la fois de se doter d'armes équivalentes, les Pershing II et d'ouvrir des négociations avec l'U.R.S.S. sur ces "euromissiles". La proposition de "l'option zéro" par Reagan en 1981 (abandon simultané de l'installation des SS 20 et des Pershing) ayant été rejetée par l'U.R.S.S, l'Europe redevient le coeur d'une possible apocalypse nucléaire. Cette situation nouvelle alimente de vastes manifestations pacifistes d'abord en Europe puis aux États-Unis et au Canada qui n'empêchent pas l'installation des Pershing à partir de 1983.

  • En Amérique centrale, les États-Unis montrent leur volonté de refouler les "ennemis de la démocratie" au Nicaragua et au San Salvador, En octobre 1983, les "marines" débarquent sur l'île de la Grenade pour abattre "une colonie soviéto-cubaine" selon les termes de Reagan.

 

Cette attitude est d'autant plus favorisée que l'URSS montre des signes de faiblesses :

  • En Pologne, depuis les mouvements de grèves de 1976, le pouvoir doit compter avec deux forces d'opposition : l'Église catholique et un syndicalisme clandestin soutenu par des groupes d'intellectuels. De nouvelles grèves durant l'été 1980 aboutissent à la création d'un syndicat autonome "Solidarnosc" dirigé par Lech Walesa capable de drainer plus de dix millions d'adhérents. Cette situation est jugée intolérable par les dirigeants de l'U.R.R.S. Le nouveau dirigeant de la Pologne, le général Jaruzelski décrète "l'état de guerre" en décembre 1981. Walesa est arrêté, Solidarnosc interdit. Mais le pouvoir se retrouve désormais rejeté par l'ensemble de la société civile.
  • En Afghanistan, l'Armée rouge est tenue en échec. Elle se heurte à une résistance de mieux en mieux équipée par les États-Unis et ne peut tenir que les villes et les grands axes de circulation. Les Soviétiques reconnaîtront officiellement au bout des dix ans 13 000 soldats morts et près de 50 000 blessés dans cette guerre qui affecte gravement leur prestige.
II/ LA FIN DE LA GUERRE FROIDE ? (1985/1991)

A/ Un dialogue renoué

  • L'arrivée au pouvoir en U.R.S.S. de M. Gorbatchev, en mars 1985, entraîne une évolution de la politique étrangère soviétique :

Les troupes soviétiques se dégagent d'Afghanistan (1988-1989).
Parallèlement, l'Union soviétique renonce au soutien qu'elle apporte aux régimes du Tiers Monde.
Les troupes cubaines doivent se retirer de l'Angola et l'aide aux Sandinistes du Nicaragua est stoppée.
Dans le même temps, l'U.R.S.S. se rapproche de la Chine qui accueille Gorbatchev en mai 1989.

  • Vers un désarmement ?

Gorbatchev et Reagan entament une série de rencontres (novembre 1985 et octobre 1986). C'est l'occasion de renouer le dialogue d'autant plus que Reagan doit, face à un Congrès hostile, réduire le déficit budgétaire en partie imputable aux dépenses militaires. Le résultat est la signature en décembre 1987 du premier véritable accord de désarmement : le traité de Washington sur les forces nucléaires intermédiaires. Il est prévu la destruction sous contrôle réciproque et dans un délai de trois ans de tous les missiles terrestres d'une portée de 500 km à 3000 km, basés en Europe.
De même le deuxième sommet de la conférence sur la sécurité et la Coopération en Europe aboutit en novembre 1990 à l'engagement de vingt-deux pays à réduire les forces conventionnelles en Europe. Parallèlement les négociations START bloquées depuis 1983 reprennent. Elles aboutissent au traité START I signé en juillet 1991 à Moscou entre Bush et Gorbatchev. II concerne les armes stratégiques et prévoit pour la première fois la destruction de 15 à 30 °% des arsenaux nucléaires des deux Grands, l'U.R.S.S. acceptant une procédure de contrôle sur son potentiel militaire.

B/ L'implosion du bloc soviétique

L'année 1989 voit la fin des démocraties populaires.

  • Le processus commence en Hongrie quand le gouvernement annonce l'ouverture du "rideau de fer" en direction de l'Autriche, provoquant une ruée de "touristes" est-allemands autorisés durant l'été à passer à l'Ouest. En octobre 1989, le Parti communiste hongrois décide de se saborder et de préparer des élections sous le signe du multipartisme.
  • En Pologne ont eu lieu les premières élections libres en juin 1989 à la suite de négociations entre Solidarnosc et le pouvoir.
    Pour la première fois, dans le bloc soviétique, un gouvernement avec un Premier ministre non communiste se constitue avec l'accord tacite de l'U.R.S.S.
  • La réunification de l'Allemagne :

À partir de septembre, la population de R.D.A. fait connaître son impatience de voir des réformes engagées. Ces mouvements de protestation sont appuyés par Gorbatchev qui s'en prend officiellement le 7 octobre au conservatisme des dirigeants. Le 18 octobre Erich Honecker, secrétaire du parti communiste, démissionne; le 9 novembre le mur de Berlin est détruit. Les Etats-Unis apportent leur soutien à Helmut Khol pour accélérer la réunification qui a lieu le 3 octobre 1990 : la RDA disparaît et ses lander sont intégrés à ceux de la RFA qui demeure dans l'OTAN.

  • La chute du mur accélère le mouvement dans les autres pays : transition en douceur en Bulgarie, effondrement du régime en Tchécoslovaquie, renversement brutal de Ceaucescu en Roumanie.

C/ La fin de l'Union soviétique

Au fur et à mesure que Gorbatchev tente de démocratiser les institutions politiques, il se heurte aux revendications croissante des nationalités soumises à l'empire soviétique.

  • Dès 1987, les républiques baltes (l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie) multiplient les manifestations jusqu'au jour où la Lituanie proclame son indépendance (mars 1990) sans avoir les moyens de l'imposer.
  • Gorbatchev doit faire face aussi dans le Caucase et en Asie centrale, aux affrontements inter-ethniques.
  • L'affaiblissement du pouvoir central est accéléré par des grèves organisées dans les régions industrielles. Il n'est plus en mesure d'arrêter les mouvements d'indépendance. Après les pays baltes, c'est la république de Russie qui proclame sa souveraineté en juin 1990. Son Président Boris Eltsine est élu au suffrage universel en juin 1991.
  • Gorbatchev fragilisé, les communistes conservateurs tentent un coup de force en août 1991 arrêté par Eltsine dont la légitimité se renforce devant l'opinion publique. Le 25 décembre 1991 alors que les présidents de Biélorussie, de Russie et d'Ukraine ont annoncé la création d'une "Communauté d'États Indépendants" bientôt élargie aux anciennes républiques soviétiques, Gorbatchev démissionne.


C'est la fin de l'U.R.S.S. et de la Guerre froide... au moins en Europe.

 


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