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HISTOIRE

LA BIPOLARISATION DE L'EUROPE

QUESTIONS :
1/ Présentez les documents.
2/ Sélectionnez, classez, confrontez les informations tirées de l'ensemble des documents et regroupez-les par thèmes.
3/ Rédigez une synthèse (une page ou 300 mots environ)

DOCUMENT 1 : LE DISCOURS PRONONCE PAR LE GÉNÉRAL MARSHALL LE 5 JUIN 1947 A L'UNIVERSITÉ DE HARVARD.

" La vérité, c'est que les besoins de l'Europe en produits alimentaires et autres produits essentiels -essentiellement de l'Amérique- au cours des trois ou quatre années à venir, dépassent à ce point sa capacité de paiement, qu'elle a besoin d'une aide supplémentaire importante, si on veut lui éviter de graves troubles économiques, sociaux et politiques.
Pour y porter remède, il faut briser le cercle vicieux et restaurer la confiance des peuples européens dans l'avenir économique de leur propre pays et de l'Europe en généra! (...).
Les conséquences sur l'économie américaine seront claires pour tous. Il est logique que les États-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser le retour du monde à une santé économique normale, sans laquelle il ne peut y avoir ni stabilité politique ni paix assurée. Notre politique n'est dirigée contre aucun pays ni doctrine, mais contre la faim, la pauvreté, le désespoir et le chaos. Son but devrait être le rétablissement d'une économie mondiale saine de façon à permettre le retour à ces conditions politiques et sociales dans lesquelles peuvent exister des institutions libres ( ...).
Tout gouvernement qui consent à nous aider dans la tâche de renaissance trouvera, j'en suis sûr, une coopération complète de la part du gouvernement américain. Tout gouvernement qui manœuvre pour arrêter la renaissance d'autres pays ne peut attendre d'aide de notre part. De plus, les gouvernements, partis politiques ou groupes qui cherchent à perpétuer la misère humaine pour en profiter politiquement ou autrement, rencontreront l'opposition des États-Unis.
Il est déjà évident que, avant que le gouvernement américain puisse progresser dans ses efforts pour améliorer la situation et aider les Européens sur la voie de la reprise, il doit exister un accord entre les pays européens sur les besoins de la situation et sur la part que ces pays prendront de façon à prolonger l'action de notre propre gouvernement (...). C'est l'affaire des Européens (...)."

DOCUMENT 2 : LA DOCTRINE JDANOV

Plus nous nous éloignons de la fin de la guerre et plus nettement apparaissent les deux principales directions de la politique internationale de l'après-guerre, correspondant à la disposition en deux camps principaux des forces politiques qui opèrent sur l'arène mondiale: le camp impérialiste et anti-démocratique, le camp anti-impérialiste et démocratique.
Les États-Unis sont la principale force dirigeante du camp impérialiste. L'Angleterre et la France sont unies aux États-Unis et marchent comme des satellites, en ce qui concerne les questions principales, dans l'ornière de la politique impérialiste des États-Unis. Le camp impérialiste est soutenu aussi par des États possesseurs de colonies, tels que la Belgique et la Hollande, et par des pays au régime réactionnaire anti-démocratique tels que la Turquie et la Grèce ainsi que par des pays dépendant politiquement et économiquement des États-Unis tels que le Proche-Orient, l'Amérique du Sud, la Chine.
Les forces anti-impérialistes et anti-fascistes forment l'autre camp ; L'URSS et les pays de la démocratie nouvelle en sont le fondement. Les pays qui ont rompu avec l'impérialisme et qui se sont engagés résolument dans la voie du progrès démocratique, tels que la Roumanie, la Hongrie, la Finlande, en font partie. Au camp anti-impérialiste adhèrent l'Indonésie, le Viêt-Nam, l'Inde. Le camp anti-impérialiste s'appuie dans tous les pays sur le mouvement ouvrier et démocratique, sur les partis communistes frères, sur les combattants des mouvements de libération nationale dans les pays coloniaux et dépendants, sur toutes les forces progressistes et démocratiques qui existent dans chaque pays.
Une tâche particulière incombe aux partis communistes frères de France, d'Italie, d'Angleterre et des autres pays. Ils doivent prendre en main le drapeau de la défense, de l'indépendance nationale et de la souveraineté de leur propre pays. Si les partis communistes frères restent fermes sur leurs positions, s'ils ne se laissent pas influencer par l'intimidation et le chantage [...], s'ils savent, dans la lutte contre l'asservissement économique et politique de leur pays, se mettre à la tête de toutes les forces disposées à défendre la cause de l'honneur et de l'indépendance nationale, aucun des plans d'asservissement de l'Europe ne pourra être réalisé.

A. Jdanov, rapport à la conférence des partis communistes européens, septembre 1947.

DOCUMENT 3 : HARRY TRUMAN ÉVOQUE LES CONSÉQUENCES DE LA MISE EN PLACE DU PLAN MARSHALL EN EUROPE

" La Russie se trouva prise au dépourvu par le plan Marshall et ne fut pas longue à comprendre que du jour où il commencerait à fonctionner,1'occasion pour elle de communiser l'Europe occidentale en exploitant sa misère économique serait passée. Incapable d'empêcher les alliés de coopérer au relèvement du vieux continent, Moscou s'efforça de riposter par des manœuvres. La première consistait à mettre sur pied une contrepartie du plan Marshall, sous les auspices de l'URSS et au bénéfice de ses satellites. (...)
La seconde manœuvre qui ressemblait plus encore à une provocation, fut d'orchestrer à Berlin un incident militaire destiné à éprouver notre fermeté et notre patience (...). Les Russes se mirent à arrêter nos trains à la ligne de démarcation et à les faire retourner lorsque leurs responsables refusaient, comme l'ordre leur avait été donné, de se soumettre à l'inspection. Par ce procédé, les Soviets coupèrent toutes les communications par route, rail et eau entre Berlin et l'extérieur, donnant pour prétexte de leur attitude " des difficultés techniques ".
Le but des Russes était évidemment de nous chasser de Berlin. [Au début de 1949] le Kremlin commençait à se rendre compte que ses efforts pour nous chasser étaient voués à l'échec. Sa brutalité et sa rudesse dans cette affaire avaient amené beaucoup d'Européens à comprendre la nécessité de liens plus étroits entre les nations occidentales. "

Source: Harry Truman, Mémoires. tome II : " Années d'épreuve et d'espérance ", 1ère partie: " L'alliance atlantique ", Paris, PIon, 1956.

DOCUMENT 4 : AFFICHE DU P.C.F . 

DOCUMENT 5 : AFFICHE DU MOUVEMENT " PAIX ET LIBERTÉ " 1950