I- LES FONDEMENTS
A-
LA PAIX
1/
Bilan de la guerre
Traumatisme
au lendemain de la guerre (50 millions de victimes, camps de concentration...)
=> dès la fin du conflit une volonté commune d' unir
les européens pour garantir la paix. Churchill évoque
les Etats-Unis d'Europe en 1946.
Sous son impulsion et celle des "pères fondateurs"( Jean
Monnet et Robert Schuman), un congrès se tient à
la Haye en 1948 pour appeler à une union économique et
politique. Tout de suite les fédéralistes, partisans d'une
Europe "supranationale" se heurtent à ceux qui souhaitent
une confédération d'Etats conservant leur souveraineté.
2/
L'entrée dans la guerre froide
L'expansion
soviétique en Europe de l'est et les débuts de la guerre
froide renforcent cette volonté d'union qui désormais
aura lieu à l'ouest du rideau de fer (cf
carte). Afin de répartir l'aide Marshall une première
union se réalise dans le cadre de l'OECE (Organisation
Européenne de Coopération Economique) en 1948.
B-
LA DEMOCRATIE LIBERALE
Les
choix se font autour de deux idées maîtresse : la démocratie
et l'économie de marché.
1/
La démocratie
Menacée
par les régimes totalitaires dans l'entre-deux-guerres, la démocratie
sort victorieuse du conflit. Ces démocraties reposent sur la
souveraineté nationale (élections libres), la
séparation des pouvoirs garantie par une constitution
et le multipartisme(elles s'opposent donc aux démocraties
populaires d'Europe de l'est reposant sur le régime du parti
unique et l'économie socialiste). Des régimes autoritaires
subsistent ( Grèce, Espagne et Portugal) mais disparaîtront
dans les années 70.
2/
L'économie de marché
Le capitalisme repose sur la propriété
privée des moyens de productions ( droit à la propriété
privée, liberté d'entreprendre, concurrence). Partout
le rôle de l'Etat s'intensifie pour amorcer la
reconstruction et pour renforcer la protection sociale. Cette théorie
de l'Etat-providence ou du "Welfare State"
est prônée par le britannique William Henry Beveridge
et se matérialise en France par la création de la Sécurité
sociale, visant à couvrir les risques : maladies, retraites,
chômage...
Ainsi
les débuts de la construction européenne reposent sur
des valeurs communes : la paix, la démocratie, l'économie
de marché, la solidarité et aussi la défense des
droits de l'homme ( Convention de 1950)
II-
LES PREMIERES ETAPES
En mai 1949,
10 Etats créent le Conseil de l'Europe afin
de renforcer la solidarité entre européens. Favorable
à une Europe fédérale Jean Monnet pense que la
voie passe par la réconciliation franco-allemande et
par la stratégie des "petits pas" (des actions
concrètes).
A-
LA CECA : 1951
Le
9 mai 1950,
Robert Schuman propose de placer la production de charbon et d'acier
franco-allemande sous une Haute Autorité commune (organisme supranational)
dans une association ouverte. Ainsi naît en avril 1951
la CECA ( Communauté Européenne du Charbon et
de l'Acier) avec six pays : France, RFA, Italie,
Pays-Bas, Belgique et Luxembourg.
B-
LA TENTATIVE DE LA CED : 1952-1954
1/
Le plan Pleven
Le 27 mai 1952, un nouveau traité est signé à Paris
entre les membres de la CECA, cette fois-ci dans le but de créer
une Communauté européenne de défense CED.
Le président du Conseil français, René Pleven,
l'a imaginé pour permettre le réarmement de la RFA sans
reconstituer une armée allemande autonome ; la CED créerait
une année commune placée sous l'autorité d'un ministre
européen de la Défense.
2/
L'échec
Mais alors
que les cinq partenaires de la France ratifient le traité, les
Français se divisent sur le projet, refusant que leur
pays abandonne une partie de sa souveraineté dans un domaine
aussi décisif que la politique de défense. Le 30 août
1954, le texte est rejeté par le Parlement français sous
la double pression gaulliste et communiste. Les Américains jugent
dès lors indispensable la reconstitution d'une armée
allemande qui est intégrée à l'OTAN.
III-
LA CEE
A- LA NAISSANCE
: le traité de Rome
(cf carte)
La solidarité entre
Européens apparaît de plus en plus nécessaire car
: la décolonisation affaiblit les anciennes puissances coloniales
et la prépondérance des deux Grands s'affirme.
Le 25 mars 1957, les six pays de la CECA signent
le traité de Rome, qui institue deux organismes :
la CEE (Communauté économique européenne)
et l'Euratom (Communauté européenne de
l'énergie atomique). C'est le début de la mise en place
d'un Marché commun par la suppression progressive des frontières
entre les États membres. Le traité de Rome préserve
la souveraineté des États membres.
B-
LES INSTITUTIONS
1/
Les organes clés
Constituée
de représentants des pays nommés par les gouvernements
membres, la Commission européenne joue dès
le départ un rôle moteur : c'est un organe de proposition
et d'exécution. Mais c'est le Conseil des ministres
qui prend les décisions. La plupart des décisions
sont prises à l'unanimité bien que les
traités aient prévu la possibilité de voter à
la majorité qualifiée(deux tiers des voix). Un accord
conclu en 1966 permet à un État de s'opposer à
une décision communautaire lorsqu'il estime ses intérêts
vitaux menacés. À partir de 1974, un Sommet européen
réunit les chefs d'État et de gouvernement, renforçant
la concertation.
2/
Le Parlement européen, symbole de la démocratie européenne
Le Parlement
européen, formé d'élus nationaux, ne dispose
pas de pouvoirs législatifs comparables à ceux
des parlements nationaux; son rôle est essentiellement
consultatif. Cependant, au fil des années, ses prérogatives
ne cessent de s'accroître ; il peut renverser la Commission
européenne, qu'il contrôle, donne son avis sur
les propositions de celle-ci et, surtout, vote le budget.
À partir de 1979, il est élu tous les cinq ans au suffrage
universel direct par les électeurs des États
membres.
C-
LES POLITIQUES
1/
Organiser l'Europe du marché
La
disparition des barrières douanières à
l'intérieur de la CEE est achevée dès 1968.. L'instauration
d'un Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (FEOGA)
permet d'élaborer une Politique agricole commune
(PAC). La PAC est fondée sur trois principes : la libre circulation
des produits agricoles dans la Communauté, la préférence
communautaire en matière de commerce agricole et la garantie
des prix des produits : les agriculteurs sont assurés de percevoir
un revenu minimal.
2/
La politique monétaire
Pour faire
face à la crise monétaire qui éclate en 1971 avec
la dévaluation du dollar et la fin de sa convertibilité
en or, les Européens mettent en place en 1979 le SME
(Système monétaire européen) qui permet
de stabiliser les taux de change autour d'une monnaie comptable :
l'ECU (european currency unity)
3/
Créer un espace de circulation
Au début
des années 1980, la construction européenne semble marquer
une pause. Les marchandises circulent librement dans l'espace européen
mais pas les capitaux ni les hommes. La « relance européenne»,
que soutient le président de la Commission Jacques Delors, conduit
à la signature de l'Acte unique européen en février
1986. Un « marché unique européen» doit être
constitué à la date du 1er janvier 1993. Le programme
«Erasmus» (1987) favorise la circulation des étudiants
des pays membres.
D-
L'ELARGISSEMENT (cf
carte)
1/
L'AELE et le revirement britannique
Longtemps,
le Royaume-Uni, attaché au Commonwealth, refuse la construction
européenne. En 1959, il prend l'initiative de la création
de l'AELE (Association européenne de libre-échange)
dans laquelle il est associé au Danemark, à la Suède,
à la Norvège, au Portugal, à la Suisse et à
l'Autriche. Pourtant le RoyaumeUni demande en 1961 son adhésion.
Il se heurte alors au refus du général de Gaulle.
2/
De six à quinze
L'arrivée
de G. Pompidou à la tête de la France débloque la
situation. Le 1er janvier 1973, le Royaume-Uni,
l'Irlande et le Danemark entrent dans la Communauté.
Le rétablissement de la démocratie dans les pays méditerranéens
rend ensuite possible l'adhésion de la Grèce (1981)
puis de l'Espagne et du Portugal (1986). En
1995 entrent la Suède, la Finlande et
l'Autriche. L'Europe passe ainsi de neuf à quinze membres.
IV-
UNE EUROPE INTEGREE ?
A-
LE CONTEXTE
1/
L'Europe réunifiée
B-
LA RELANCE
1/
L'initiative franco-allemande
Pour éviter
la fragilisation de l'équilibre européen, H. Kohl
et F. Mitterrand estiment «nécessaire d'accélérer
la construction politique». Des négociations s'engagent
dès 1990 pour élargir les compétences de la Communauté,
y compris en les étendant à des secteurs relevant traditionnellement
de la souveraineté des États comme la politique étrangère,
la monnaie, la défense ou la politique migratoire. Elles aboutissent
à la signature du traité de Maastricht, qui crée
l'Union européenne, et qui entre en vigueur le 1er janvier 1993,
en même temps que le marché unique.
2/
Des domaines de compétence élargis
Les
compétences de l'Union sont élargies dans les
domaines de l'environnement, de la recherche, de l'industrie, de l'aide
régionale. Elle peut aussi désormais intervenir dans des
secteurs comme l'éducation, la santé, la culture Surtout,
la Communauté a désormais une dimension politique
: le traité de Maastricht a créé une citoyenneté
européenne, reconnue à tous les nationaux des
États membres. Tout citoyen qui réside dans un État
membre dont il n'est pas ressortissant a le droit de vote et d'éligibilité
pour les élections européennes et les élections
locales.
3/
Le pessimisme des opinions publiques
Les progrès
de la construction européenne ne parviennent pas à susciter
l'adhésion des citoyens qui jugent le système institutionnel
trop complexe et l'Europe lointaine. La ratification du traité
est acquise rapidement en Irlande, au Luxembourg et en Grèce,
mais elle est plus difficile ailleurs. En France, où un référendum
est organisé, le « oui » ne l'emporte que par 51
% des voix exprimées. Le Danemark et le Royaume-Uni ne ratifient
le traité qu'après avoir obtenu des dérogations.
C-
UNE BOUVELLE ORGANISATION
1/
Les trois piliers de l'Union européenne
L'Europe
comporte désormais trois « piliers».