I/ LA SOVIETISATION
DE L’EUROPE DE L’EST (1945/1953)
A. L'union
autour des communistes en 1945
L'influence des
partis communistes s'accroît dans tous les pays de l'est de l'Europe.
L'Armée rouge a libéré une grande partie
de l’Europe de l’est , sauf en Yougoslavie et en Albanie. Les
Soviétiques y soutiennent les «partis frères».
Des gouvernements de coalition se constituent : ces «
Fronts nationaux » associent libéraux, sociaux-démocrates
et communistes.
Ces gouvernements procèdent au partage des terres, à la
nationalisation des grandes usines, banques et commerces privés.
B. L'alignement
forcé sur l'Union soviétique
Fin juillet 1947,
l’URSS contraint la Tchécoslovaquie et la Pologne a refuser l'aide.
Marshall. Le Kominform somme les partis communistes de resserrer
les rangs autour de l’URSS et de rompre leur alliance avec
les socialistes et les libéraux.
Dans toutes les démocraties populaires, les partis libéraux
et socialistes sont alors écartés du pouvoir puis dissous
ou absorbés par le parti communiste (tactique du salami).Ce processus
culmine en Tchécoslovaquie avec le « coup de Prague
» en février 1948.
L’alignement sur le modèle du parti unique se renforce avec un
contrôle soviétique sur la vie économique : création
du CAEM (Conseil d'aide économique mutuelle) en 1949.
Le 28 juin 1948, le Kominform condamne le nationalisme yougoslave.
Tito refusant de faire son autocritique, la Yougoslavie est expulsée
de l'organisation. On assiste à la stanilisation des
autres pays d'Europe de l'est. Une vague de procès et
de purges frappe les dirigeants communistes les plus indépendants,
accusés de « titisme ».
II/ LE
MODELE DE LA DEMOCRATIE POPULAIRE
A. Des
régimes autoritaires
Les constitutions
de la fin des années 1940 insistent sur le rôle
dirigeant du peuple et tout particulièrement du
prolétariat.
En réalité, le pouvoir est contre les mains des dirigeants
communistes. À partir de 1948, les partis sont épurés
de leurs membres les plus critiques. Des apparatchiks formés
dans les écoles du parti, souvent à Moscou, appliquent
la ligne politique.
Le pluripartisme et la démocratie ont disparu.
Toute organisation autonome politique ou sociale y est sévèrement
réprimée au moyen d'une police politique.
La propagande est omniprésente.
B. Une
économie dirigée
Les dirigeants
communistes privilégient d'abord l'industrie lourde au
sein de grands complexes étatisés et dans le cadre d'urne
planification rigide et très centralisée
À la campagne, de vastes mouvements de collectivisation
des terres ont lieu dans les années 1950. Partout, ils se heurtent
à de violentes résistances. Les paysans délaissent
le travail sur les fermes collectives au profit de leurs lopins individuels.
C. Une
société encadrée
1. Les
avancées sociales
Le développement rapide de l'industrialisation favorise la promotion
sociale.
La généralisation de l'enseignement permet
la formation d'une nouvelle intelligentsia.
Meilleur encadrement sanitaire et une protection sociale
étendue.
2. Les formes de contrôle
Fonctions dirigeantes : il faut être membre du parti communiste.
Les organisations de masse - jeunesses communistes, organisations culturelles
et de loisir - permettent aux autorités d'encadrer la
population.
III/ LA
TUTELLE SOVIETIQUE DANS LES ANNEES 1950/1960
A. Les
espoirs de ta déstalinisation
La mort de Staline
en mars 1953 et la déstalinisation qui suit semblent entraîner
un relâchement des tensions dans le bloc soviétique : en
mai 1955, Khrouchtchev renoue les relations avec la Yougoslavie. En
1956, il admet que « les formes de passage au socialisme seront
de plus en plus variées ». En avril 1956, le Kominform
est dissous.
Pourtant, la signature du pacte de Varsovie en mai 1955 constitue une
réplique à d'éventuelles contestations dans le
camp socialiste.
B. Des
tentatives d’émancipation réprimées
1. Les
révoltes des années 1950
En juin 1953, l'annonce d'un relèvement des
normes de production de travail entraîne grèves et
manifestations à Berlin et dans les grandes villes de RDA.
Le mouvement hongrois de septembre 1956 : le communiste
réformateur Imre Nagy, annonce l'établissement
d'une démocratie parlementaire puis la sortie du pacte de Varsovie.
En Hongrie les troupes soviétiques écrasent l'insurrection.
En Pologne, le communiste «national », Gomulka revient au
pouvoir et réussit à éviter l'intervention soviétique
car il ne remet pas en cause le pacte de Varsovie.
2. L'écrasement du « printemps de Prague »
en 1968
En avril 1968, sous la direction d'Alexander Dubcek,
le parti communiste définit une voie tchécoslovaque au
socialisme. Mais les troupes du pacte de Varsovie envahissent le pays
en août 1968 et forcent les dirigeants à la «normalisation
». La répression est violente.
C. Les
pays qui affirment leur spécificité
1. Les
ruptures yougoslave et albanaise
Les Yougoslaves, hostiles à la stalinisation de leur pays, restent
en dehors du CAEM et refusent de rejoindre le pacte de Varsovie en 1955.
En 1961, l'Albanie rompt ses relations diplomatiques avec l'URSS et
quitte le CAEM puis le pacte de Varsovie en 1968.2.
La « singularité » roumaine
Nicolae Ceausescu, à partir de l965, s'oppose à la création
d'un organisme de planification unique pour tous les pays du CAEM. La
popularité qu'il acquiert ainsi lui permet d'installer une dictature
à partir des années 1970.
IV/ DE
LA CRISE A L’IMPLOSION (1970/1990)
A. Les
facteurs
1. La crise
économique des années 1970
Le mécontentement suscité par les pénuries persistantes,
la médiocrité des conditions de travail et d'existence
provoque la démobilisation croissante des ouvriers (retards,
absences, vols de matériel) et suscite des grèves violentes.
2. Le développement des mouvements de contestation
La dissidence se développe dans les années 1970.
En Tchécoslovaquie, des intellectuels, en RDA, des courants pacifistes
et écologistes.
En Pologne : un vaste mouvement social qui aboutit à la crise
de 1980 et à la reconnaissance de "Solidarité",
premier syndicat indépendant, dirigé par Lech Walesa.
3. Le rôle décisif des réformes de Gorbatchev
Les réformes de Gorbatchev encouragent les dirigeants les plus
libéraux, en Pologne et en Hongrie, à entamer des réformes.
En mars 1988 le dirigeant soviétique affirme le droit à
l'indépendance des différents États et se déclare
favorable aux voies nationales vers le socialisme
B. La diversité
des voies de sortie du communisme
1. La voie
politique en Pologne et en Hongrie
Des négociations sont entreprises avec les partis d'opposition.
Les tables rondes conduisent à la tenue d'élections libres.
En Pologne, le dialogue avec les partis autonomes et les associations
catholiques à partir de 1983 aboutit à la tenue d'élections
quasi libres en juin 1989 ; les communistes doivent abandonner la direction
du gouvernement.
En Hongrie : rédaction d'une nouvelle Constitution en février
1989, qui prévoit des élections libres. Le 23 octobre,
les députés proclament la IVème République
hongroise.
2. La pression populaire en RDA et en Tchécoslovaquie
Dans ces pays, les manifestations de rue jouent un rôle décisif.
RDA : grandes manifestations d'octobre 1989 qui conduisent à
l'ouverture du mur (novembre 1989) et qui ouvrent la voie à
l'unification et à la disparition du régime.
En Tchécoslovaquie, 1a «révolution de velours »
débute le 17 novembre : sous la pression des manifestations,
le président Husak démissionne, une démocratie
parlementaire est mise en place. En décembre 1989, Alexandre
Dubcek est élu à la présidence du Parlement, et
Vaclav Havel devient président de la République.
3. Des révolutions brutales dans les Balkans
En Roumanie et en Bulgarie, les chefs tyranniques tombent victimes de
complots.
Jikov, qui dirige le PC bulgare d'une main de fer depuis 1954, est destitué
le 10 novembre 1989.
Ceausescu, qui exerce depuis 1965 le pouvoir en Roumanie, est jugé
et exécuté avec sa femme en décembre 1989.
En Yougoslavie, après la mort de Tito en 1980, les tendances
autonomistes se sont affirmées. Elles conduisent à l'implosion
du pays et du régime en 1990.