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sommaire

GÉOGRAPHIE

 LA PUISSANCE DE L'UNION EUROPEENNE


I/ LES MANIFESTATIONS DE LA PUISSANCE

A- Un espace de production majeur de la Triade
L'Union européenne est à la fois une grande puissance agricole et industrielle, et une économie de services de haut niveau.
- Productiviste, l'agriculture communautaire se caractérise par une forte intensivité et des rendements parmi les plus élevés du monde.
- L'industrie européenne, première du monde, représente 20% de la valeur et de l'emploi industriels mondiaux (États-Unis: 16,2% et 15%). Couvrant une large gamme de productions, à la fois traditionnelles comme le textile, et nouvelles comme l'électronique, elle occupe une position dominante dans la sidérurgie, l'automobile, le pétrole et la chimie, grâce à des efforts constants de modernisation et de restructuration. L’Europe a réussi de grands paris scientifiques comme Ariane Espace ou Airbus.
- Dans le domaine des services, l'Union présente un dynamisme conquérant, révélateur de la modernité de son économie : à côté des transports, du tourisme et du commerce, banques et assurances y jouent un rôle croissant.
Membres du G8, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie dominent l'économie communautaire.

B- La première puissance commerciale.
Acteur incontournable du commerce international, l'Europe est le continent le plus ouvert et le plus profondément inséré dans les échanges internationaux.
- L'Union assure 38% du commerce mondial de marchandises, loin devant l'Amérique du Nord (22 %). Cette primauté s'explique par l'intensité exceptionnelle des échanges intracommunautaires (60% du commerce de l'Union). Échanges intrarégionaux exclus, le commerce extracommunautaire de l'Union représente 13% du commerce mondial, soit une part équivalente à celle de l'Amérique du Nord. Les produits manufacturés représentent plus des trois quarts du commerce de marchandises de l'UE, exportatrice nette grâce à la chimie et à l'automobile. Ses principaux partenaires commerciaux sont les pays industrialisés, notamment l'Amérique du Nord, vers laquelle les exportations européennes sont massives, et les économies émergentes d'Asie, avec lesquelles l'Union est déficitaire.
- L’Union occupe la première place dans les échanges internationaux de services (25%), devant les États-Unis (22%.). L'intense activité des bourses européennes, notamment de Londres, la rapide affirmation de l'euro face au dollar témoignent de sa puissance financière.

C- Des entreprises aux dimensions de la planète
- Les entreprises européennes sont parmi les plus dynamiques et les plus importantes du monde. Du fait de délocalisations des unités de production vers des pays à coûts salariaux faibles ou sur des marchés à conquérir, elles sont présentes dans le monde entier.
- La place privilégiée de l'Union dans les flux d'IDE ( Investissements directs à l’Etranger : dépenses faites hors de leur pays par des firmes multinationales) témoigne de leur puissance, de leur compétitivité et de leur forte implication dans la mondialisation : depuis le milieu des années 1980, l'Union en est la première zone d'accueil et d'émission, devant l'Amérique du Nord. Toutefois, malgré d'importants mouvements de fusion et de concentration, leur poids reste inférieur à celui des grandes entreprises américaines.

II/ LES FACTEURS DE LA PUISSANCE

A- Un riche héritage
- L'économie d'échanges s'est développée en Europe dès le Moyen Âge avec la tradition du négoce (Hambourg, Londres, Amsterdam…). D'abord limités au continent, ses horizons se sont étendus au monde entier avec les Grandes découvertes et la colonisation. Les pays européens sont aujourd'hui les plus ouverts du monde : une grande partie de leur économie repose sur le commerce international.
- Initiatrice de la révolution agricole et industrielle, forte d'une longue domination de l'économie et des échanges mondiaux, l'Europe occidentale a su accumuler savoir-faire et capacités techniques et financières. Au prix d'un effort constant, parfois douloureux socialement, de modernisation de ses structures économiques, le vieux continent a pu maintenir ses positions face à de nouveaux concurrents.

B- Une population nombreuse, riche et qualifiée
- Riche de 454 millions d'habitants, l'Union européenne à 25 est le plus peuplé des pôles de la Triade. Malgré d'importantes inégalités, cette population dispose d'un pouvoir d'achat élevé. L’Union est un des marchés de consommation les plus importants et attractifs de la planète.
- La population active, grâce à des systèmes éducatifs performants est qualifiée. L’Europe est riche de lieux de culture telles les anciennes universités ( La Sorbonne, Oxford, Cambridge…)Cela permet aux entreprises de disposer d'une main d’œuvre productive dotée d'un savoir-faire peu partagé et d'une forte capacité d'adaptation.
- L’élargissement à 25 accroît le potentiel démographique et de consommation de l'Union, en permettant à de nouvelles populations d'accéder à terme à une élévation de leur niveau de vie.

C- Des réseaux de transport performants
- Du fait de sa richesse, l'Union européenne présente une forte densité de réseaux de transport modernes et rapides, facteurs essentiels de développement et d'attractivité. Reliant entre elles les grandes régions urbaines de l'ouest de l'Union, mais desservant aussi des régions plus périphériques et bientôt les nouveaux pays membres, ils confèrent à l'espace communautaire une très forte accessibilité, profitable aussi bien aux entreprises européennes qu'à leurs partenaires étrangers.
- Si l'essentiel du trafic interne reste terrestre (route, fer), les grands ports et aéroports internationaux sont autant d'interfaces performantes avec le reste du monde et figurent parmi les plus fréquentés du monde (port de Rotterdam, aéroport de Londres).

D- Une volonté d'intégration économique
- La dynamique d'intégration, initiée par le traité de Rome et sans cesse approfondie depuis, a considérablement renforcé le poids de l'Union européenne dans le monde. L’Union, représentée par un négociateur unique à l'OMC, est un interlocuteur incontournable et un contre-poids important à la puissance des États-Unis.
- De nombreuses réussites industrielles comme Airbus, les performances de l'agriculture européenne, l'importance des échanges intracommunautaires résultent directement de ces efforts d'intégration (Politique agricole commune, Marché unique). L’unification monétaire autour de l'euro, gage de stabilité, renforce l'attractivité de l'Union.

III/ LES LIMITES

A- Une capacité d'innovation insuffisamment valorisée
- L’Europe, berceau des deux premières révolutions industrielles, a longtemps été une terre d'innovations. Elle peine aujourd'hui à consentir l'effort de recherche susceptible de lui permettre d'ébranler la suprématie américaine, notamment en matière de haute technologie.
- La recherche-développement (RD) est une préoccupation majeure des entreprises européennes. Mais son orientation privilégie les secteurs « traditionnels » de l'industrie, au détriment de ceux qui, comme les technologies de l'information et de la communication (TIC), forment le cœur de la révolution industrielle en cours, née aux États-Unis. Cette faiblesse est surtout le fait des pays méditerranéens et des nouveaux États membres. Elle est moins marquée ailleurs, notamment en Scandinavie très bien positionnée dans le domaine des TIC ( Nokia, entreprise finlandaise).

B- Une dépendance multiforme
- Du fait de l'histoire, l'Union européenne reste en position d'infériorité politique et militaire vis-à-vis de la superpuissance américaine qui, par deux fois libératrice de l'Europe au cours des conflits fratricides du XXe siècle, l'a ensuite protégée face à l'URSS durant la Guerre froide. De plus, regroupement d'États très divers, elle peine à dépasser l'intégration économique et à définir une politique étrangère et de défense commune, seule à même de lui assurer une place de premier plan sur la scène politique internationale et de lui permettre de faire contrepoids à la puissance américaine.
- La dépendance économique de l'Europe est également sensible en matière énergétique et commerciale : les Etats-Unis, principal client, usent de rétorsions commerciales pour obtenir gain de cause dans les conflits de toute nature qui les opposent à l'Union.

C- Une démographie vieillissante
- Plus que dans le reste du monde industrialisé, l'Union européenne est en proie à un vieillissement démographique rapide, du fait d'une natalité faible et de l'allongement de l'espérance de vie. Les conséquences à terme en sont nombreuses : augmentation des dépenses de santé, financement problématique des retraites, affaiblissement des capacités d'innovation et de la consommation. Ceci peut réduire l'attractivité et le dynamisme de l'Union, concurrencée par les marchés émergents d'Asie. L’immigration est la première source de croissance démographique.
- Depuis les années 1970, le chômage frappe durement l'Union européenne. Persistant même lors des embellies économiques, il reflète les difficultés structurelles d'adaptation de l'économie et de la population active aux mutations rendues nécessaires par l'acuité d'une concurrence devenue mondiale.

D- Le modèle européen en question?
Le modèle européen, fondé sur un libéralisme tempéré par l'intervention de l'État dans les domaines économique et social, est remis en cause par la vague d'ultralibéralisme et de déréglementation venue des États-Unis. L’Union européenne cherche à affirmer sa puissance face au concurrent américain dans le cadre des grandes négociations internationales de l'OMC (agriculture, culture).

IV/ L’ORGANISATION DE L’ESPACE (cfcarte)

A- Les pôles dynamiques

1/ Métropoles mondiales et régions capitales : Londres et Paris
- Londres et Paris appartiennent au groupe restreint des métropoles mondiales, qui concentrent pouvoir économique, politique et culturel. Centres financiers de premier ordre, elles accueillent de nombreux sièges sociaux de multinationales européennes et étrangères. Elles jouent un rôle moteur, mais désordonné, dans les tentatives de l'Union pour exister dans le jeu diplomatique mondial. Foyers culturels anciens, hauts lieux du tourisme international, elles ont su renouveler les sources de leur rayonnement, malgré la concurrence de New York.
- Londres et Paris contrôlent des régions urbaines multimillionnaires, sans égales dans le reste de l'Union, qui concentrent une partie importante de la richesse nationale. Une très forte densité de réseaux de transport modernes et de gigantesques aéroports internationaux (Londres est la première plate-forme aéroportuaire mondiale) leur assurent une accessibilité optimale, sans éviter d'importants problèmes de saturation.

2/ L'Europe rhénane, cœur de l'aire de puissance européenne
- Segment de l'isthme allemand qui relie Méditerranée et mer du Nord, l'Europe rhénane s'organise le long de la vallée du Rhin. Transnationale, elle dépasse les limites de l'Union européenne en incluant le nord de la Suisse, mais ne couvre qu'un nombre limité de régions (Alsace, sud-ouest de l'Allemagne, Ruhr, Flandres néerlandaise et belge).
- Moteur de l'économie communautaire, noyau le plus dense de ta mégalopole européenne, elle détermine en partie la géographie économique de l'Union, selon un principe de proximité qui lui associe les régions proches et bien reliées à elle, comme le bassin de Londres, l'Italie du Nord, la Bavière, le sud de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais.

3/ Autres foyers de dynamisme et périphéries intégrées
- L’Italie du Nord, la Bavière, la région madrilène et la Catalogne sont étroitement insérées dans le système économique mondial. Riches régions agricoles, elles sont polarisées par de grands centres industriels (Barcelone, Turin, Madrid, Munich ou Milan) qui développent aussi des services de haut niveau. Les capitales politiques, de Dublin à Athènes, et des villes comme Toulouse, Lyon ou Hambourg contribuent aussi à l'affirmation de la puissance économique européenne.
- Les périphéries intégrées sont des zones de production dynamiques contrôlées par les grands centres de l'économie mondiale. Trois types peuvent être distingués :
• Les régions touristiques ou d'industrialisation récente (littoraux continentaux et insulaires de la Méditerranée, Alpes, sud de l'Irlande) attirent touristes et investissements internationaux grâce à une fiscalité attractive et à un environnement culturel et paysager de qualité.
• Des régions industrielles anciennes (Écosse, Wallonie, nord-est français, nord de l'Espagne), s'appuient sur leur savoir-faire, leur population nombreuse et les aides européennes, pour se reconvertir, autour de métropoles comme Édimbourg ou Lille.
• Des régions spécialisées dans l'agriculture d'exportation intensive et productiviste : bassins parisien et de Londres, Bretagne, Danemark.

B- Les périphéries

1/ Les espaces en transition vers l'économie de marché
Les Länder orientaux de l'Allemagne et les pays d'Europe centrale et orientale membres de l'Union n'ont pas achevé leur transition vers l'économie de marché. Leur système productif présente encore d'importants retards, en termes de structures industrielles, agricoles.
- Toutefois, du fait des mutations en cours et de l'afflux de capitaux étrangers, notamment européens, ces économies sortent peu à peu de la crise et s'intègrent progressivement à l'économie européenne et mondiale. Leur entrée dans l'Union doit leur permettre d'achever leur transition. Leurs produits accèdent désormais sans entraves douanières au marché de consommation communautaire. Dans le cadre de la politique commune de réduction des inégalités régionales, la construction d'infrastructures de transport rapide, en cours ou programmée, va favoriser leurs échanges au sein de l'UE et avec le reste du monde. Elle risque néanmoins, dans un premier temps, de fragiliser certains secteurs d'activité, notamment l'agriculture, du fait d'importants écarts de productivité entre les entrants et les autres membres de l'Union.
Cette intégration reste inégale à plusieurs échelles. Certains États, comme la Slovénie, la République tchèque, la Pologne ou la Hongrie, plus ouverts, devancent les États baltes et la Slovaquie. À l'échelle régionale, les régions-capitales (Berlin, Prague, Budapest, Varsovie) et les régions frontalières proches de l'Union à 15 sont mieux intégrées à l'économie communautaire que les autres, de plus en plus marginalisées.

2/ Les espaces marginalisés dans une économie mondialisée
Souffrant de contraintes naturelles fortes (froid, pentes fortes...) qui en rendent l'accès et la valorisation difficiles et coûteux, certaines régions ont subi durant les deux derniers siècles un exode rural et un déclin économique marqués.
- Ardennes, Massif central et Vosges en France, montagnes ibériques et espaces insulaires proches ou lointains, Mezzogiorno italien sont aujourd'hui marginalisés dans l'économie européenne. Avec une population vieillissante, ces régions accueillent un tourisme diffus et des résidences secondaires, parfois des stations de ski. Elles sont devenues des espaces de détente pour les citadins, pour peu qu'elles soient relativement proches des zones urbaines et demeurent accessibles. Leur agriculture traditionnelle suscite un regain d'intérêt face aux déconvenues de l'agriculture productiviste (AOC, labels).
- Le nord de la Scandinavie, les Highlands et les archipels écossais, très isolés, aux conditions climatiques particulièrement rudes, couvrent de vastes espaces peu peuplés, utilisés pour l'élevage extensif (rennes ou moutons). Le tourisme constitue un apport substantiel.
Pour améliorer leur accessibilité et favoriser le maintien de leur tissu économique, l'Union, par l'intermédiaire du FEDER, leur accorde des aides financières dont la durée et les objectifs varient selon la nature des difficultés régionales.

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