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Introduction : la mondialisation est la mise en relation
généralisée des différentes parties du monde
d'abord par les échanges puis par l'internationalisation de la
production qui multiplie les flux. La mondialisation est donc un système
plus en plus ouvert ou les réglementations s'effacent et en la
mise en concurrence des territoires s'accélère. Cette logique
liée au libéralisme triomphe dans le monde entier avec effondrement
du bloc communiste à la fin des années 80.
Cette mondialisation s'accompagne toutefois de fortes tensions et de
résistance car de nombreux problèmes se posent à
l'échelle mondiale (environnement, ressources, problèmes
démographiques, sanitaires etc.). La mondialisation n'est d'ailleurs
pas la seule clef de lecture du monde.
I/ Les manifestations de la mondialisation : l'explosion des
flux mondiaux
A/ Les hommes
Les hommes n'ont jamais été aussi mobiles. Cette mobilité
reflète des inégalités du monde.(carte
des flux de migrations)
- Ainsi les flux de travailleurs sont surtout des flux
Sud-Nord qui sont passés de 45 millions en 1965 à plus
de 150 millions en 2002, auxquels s'ajoutent un grand nombre d'illégaux
dans le nombre est estimé entre 25 et 40 millions de personnes.
- Le nombre de réfugiés, victime des
guerres, persécutés politiques et religieux, s'élève
à plus de 20 millions qui se heurtent de plus en plus aux réticences
dans les pays d'accueil.
- Le tourisme de masse est passé de 25 à
750 millions de personnes entre 1950 et 2002. Mais seulement 8 % de
la population mondiale est concernée.
B/ Les échanges
Les échanges sont en expansion rapide.(carte
des grands flux du commerce mondial)
- les échanges de marchandises s'élèvent à
6 400 de dollars.
- Les échanges et des services à 1 500 milliards.
- Les trafics maritime et aérien ont augmenté de 40 %.
- Le trafic téléphonique a augmenté de 500 %.
Cet essor s'explique par la levée des obstacles douaniers, les
progrès techniques, la baisse du prix des transports et les stratégies
des entreprises.
Ces flux sont très polarisés par la Triade et la façade
orientale de l'Asie : 15 états réalisent 70 % des transports
mondiaux. Les échanges pétroliers
ou la diffusion de l'Internet sont tout aussi représentatifs.
C/ Les capitaux
Aujourd'hui les flux de capitaux irriguent toute la planète. Le
marché financier est devenu réellement planétaire
grâce à la création de systèmes de communication
qui relie les places financières 24 heures sur 24. La déréglementation
permet aux banques d'orchestrer la mobilité des capitaux au-delà
de leurs frontières à la recherche du meilleur profit. La
logique financière et spéculative domine la mondialisation.
Là aussi des capitaux circulent essentiellement entre les pays
riches.
II/ Les acteurs de la mondialisation
A/ Les Etats-nations
Les États-nations demeurent au coeur de la mondialisation.
- La mondialisation est née de choix politiques et de stratégies
économiques faits par les autorités des états capitalistes
les plus puissants : ils ont dérégulé et ouvert
leur économie. Ces états ont pris la tête d'organisations
régionales de libre-échange (ALENA ou UE) réduisant
ainsi leur marge d'autonomie.
- L'état demeure un acteur essentiel de l'économie :
il assure la défense de ses intérêts, les besoins
collectifs, arbitre les choix budgétaires, aménage son
territoire et intervient dans l'économie (Etat-providence, recherche,
subventions, etc.).
- Les états font face cependant à des réseaux transfrontaliers
: les ONG, les réseaux illicites: produits de contrefaçon,
ventes d'armes, drogue, prostitution, immigration clandestine...
B/ Les firmes
- Il existe plus de 60 000 firmes transnationales (FTN) qui réalisent
près des deux tiers du commerce mondial. Elles emploient 75 millions
de salariés.
- Leur puissance repose sur leur capacité à maîtriser
et à gérer l'espace mondial comme une zone d'approvisionnement
des matières premières et de débouchés pour
les produits industriels. Les FTN s'adaptent et devancent les habitudes
des consommateurs.
- Ces firmes gardent un ancrage national très important malgré
des délocalisations de plus en plus fréquentes.
C/ Les organisations internationales
Elles sont au service de la mondialisation.
- Le FMI et la Banque Mondiale favorisent la mondialisation par la mise
en oeuvre de politiques libérales : baisse des tarifs douaniers,
réduction des budgets sociaux, privatisation, etc.
- L'OMC oeuvre à la libéralisation des échanges
en appliquant règles et de sanctions.
- Les agences de l'ONU (PNUD-CNUCED) sont sensibles aux exigences de
développement des pays du sud.
III/ Les lieux de la mondialisation
A/ Diversité de l'espace mondial
- Les États développés de la Triade contrôlent
l'essentiel du pouvoir politique et économique du monde :72 %
de l'industrie, 75 % du commerce, possèdent les capitaux (86
% de la capitalisation boursière, 95 % du marché des dettes)
et maîtrisent les technologies et l'information (85 % de la recherche
et de l'enseignement).
- Bon nombre de pays ne sont que des « périphéries
intégrées » qui fournissent soit des matières
premières agricoles, minières et énergétiques,
soit une main d’œuvre à bon marché. Cependant, quelques
pays d'Asie (les Dragons : Corée du sud, Taïwan, Singapour)
émergent, grâce à des stratégies industrielles
volontaristes. D'autres, comme le Brésil, l'Inde, la Chine, la
Russie sont des puissances régionales qui comptent par la taille,
le poids démographique, économique, voire militaire.
- Les « marges évitées » rassemblent soit
les pays n'ayant rien à offrir aux pays développés(PMA),
soit les États mis au ban des nations pour des raisons politiques
(Libye, Cuba,...), soit des pays ravagés par l'instabilité
politique et les guerres civiles.
B/ des localisations privilégiées
- Une redistribution des activités industrielles s'effectue à
l'échelle de la planète : redéploiement des pays
industriels vers les activités technologiques fondées
sur la qualité des ressources humaines, transfert de nombreuses
activités de production (textile, électronique grand public...)
vers des pays à main-d’œuvre bon marché.
- Des espaces de non-droits juridiques, réglementaires ou sociaux
optimisent la production et la gestion financière globalisée
des FTN : 15 micro-États accueillent 57 % de la flotte mondiale
grâce à leurs pavillons de complaisance ; 70 paradis fiscaux
servent de relais aux flux de capitaux et 3 000 zones franches productives
mobilisent 43 millions de salariés.
- La littoralisation des hommes et des activités s'accentue car
les échanges mondiaux sont assurés à 90 % par voie
maritime.
C/ Des métropoles aux commandes (carte des grandes métropoles)
- Les grandes métropoles des pays hautement développés
sont les espaces moteurs de la mondialisation. Elles concentrent les
pôles de commandement et de gestion politiques, économiques,
industriels et financiers (CBD). Les plus puissantes forment des mégalopoles
(Nord-est des Etats-Unis, Mégalopoles japonaise et Européenne).
- Les métropoles, fonctionnant en réseaux, polarisent
l'essentiel des flux : vingt d'entre elles gèrent 85 % des flux
financiers mondiaux alors que vingt-cinq aéroports polarisent
70 % du trafic aérien. La métropolisation touche peu les
pays du Sud, hormis des capitales économiques comme Sào
Paulo...
IV/ Les limites de la mondialisation
A/ La mondialisation contestée
- Une mondialisation sans pilote
- Le commerce international reste biaisé par les barrières
tarifaires et non tarifaires dressées par les pays du Nord dans
plusieurs secteurs : textile, médicaments, agriculture...
- Les accords internationaux sont soumis à la ratification d'un
nombre minimum de pays, ce qui entraîne une mise en application
tardive et partielle. En cas de conflit, il n'existe pas d'organisme susceptible
d'arbitrer, sauf l'OMC pour le commerce. Dans un autre domaine, développer
un droit et des sanctions internationales est tout aussi difficile que
nécessaire face à la mondialisation des réseaux criminels.
- La plupart des États subissent la mondialisation. Le G7, devenu
G8 en 1997, est une structure de dialogue entre les pays les plus industrialisés
; de leur côté, les pays en développement sont souvent
à l'écart des dispositifs de prise de décisions.
En fait, pour certains observateurs, ce sont les États-Unis qui
dominent le processus en pratiquant un unilatéralisme permanent
qui suscite de nombreuses oppositions.
- Vers un développement durable ?
- La mondialisation s'accompagne d'un accroissement des inégalités
entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres. Seuls certains
pays asiatiques se situent dans un processus de rattrapage en termes de
revenu moyen par habitant. La marginalisation des PMA, dont 32 sont situés
en Afrique subsaharienne, est croissante. De plus, les inégalités
progressent à l'intérieur même des pays, y compris
dans les pays riches.
- Un vaste mouvement social altermondialiste s'est développé
en réaction aux conséquences de la mondialisation libérale.
Présent depuis 1999 lors des grands sommets internationaux, il
organise des forums sociaux et propose d'autres voies : annulation de
la dette des pays les plus pauvres, réformes agraires... Composé
de multiples groupes, dont de nombreuses ONG, le mouvement manque toutefois
de dénominateurs communs qui en feraient un véritable mouvement
social planétaire.
-Les grandes questions d'environnement se posent à l'échelle
mondiale : déjà plus de 30 pays font face à des pénuries
d'eau, pollution... En 1992, le sommet de Rio a émis les principes
d'un agenda, d'objectifs communs, d'engagements, voire de sanctions.
Le sommet de Johannesburg de 2002 a été un demi-échec.
Certains États, dont les États-Unis qui émettent
à eux seuls un quart du CO2 rejeté dans l'atmosphère,
refusent des engagements précis ; parallèlement, l'industrialisation
des pays en développement entraîne une augmentation des émissions
de gaz à effet de serre. L'idée d'une autorité mondiale
de l'environnement a été abandonnée. La logique d'intérêt
économique des États prévaut encore largement.
B/ Des Etats toujours présents
- Le pouvoir des Etats en question
- L'essor du libéralisme a réduit les interventions des
États dans les domaines économiques et sociaux. Cependant,
l'État garde toute son importance pour garantir le développement
et les solidarités de son territoire, même si nombre de PED
souffrent d'un déficit d'État. Ainsi les Etats interviennent
dès que les priorités nationales sont en jeu ; c'est le
cas de la France avec son exception culturelle.
- L'action des organisations internationales obéit aux directives
des États les plus puissants ; ainsi, les États-Unis ont
une voix prépondérante au FMI et à la Banque mondiale.
L'ONU, organisation intergouvernementale quasi universelle, a de même
un pouvoir limité par le jeu des États membres permanents
du Conseil de sécurité.
- L'essor des organisations économiques régionales est
spectaculaire : les regroupements d'États se conçoivent
à la fois comme des remparts de protection d'un marché élargi
face aux dangers réels ou supposés d'un monde sans frontières,
mais aussi comme des tremplins nécessaires pour s'imposer dans
la compétition internationale (ASEAN, ALENA...).
Cette « régionalisation » constitue une solution intermédiaire
entre la fragmentation du monde en 200 États et la mondialisation.
- Des États de la planète restent fragiles. La disparition
des blocs, depuis la chute du mur de Berlin en 1989, s'est accompagnée
du développement de conflits locaux infraétatiques comme
en Afrique centrale (Rwanda, Burundi, Congo), ou liés à
l'éclatement d'États comme en ex-Yougoslavie (Bosnie, Kosovo
...). D'autre part, des menaces transnationales ne cessent de prendre
de l'ampleur au-delà de toutes frontières : terrorisme,
activités criminelles des mafias...
- La nouvelle carte du monde se structure autour de quelques États
forts. La domination américaine se renforce. Sa diplomatie, voire
son armée, sont présentes sur de nouveaux terrains comme
l'Europe balkanique, l'Afrique noire. Les pays d'Europe occidentale et
le Japon, même s'ils occupent une position dominante dans le monde,
sont incapables de lui disputer cette hégémonie. La Russie,
même affaiblie, reste présente par sa puissance militaire
et ses richesses naturelles. Parmi les pays du Sud, la Chine, l'Inde et
plus modestement le Brésil disposent à la fois d'une population
nombreuse, d'une économie en progrès et de réelles
capacités militaires. Mais un grand nombre d'États d'Afrique,
d'Asie ou d'Amérique centrale ou andine sont trop petits, trop
pauvres pour compter.
C/ Des aires de civilisation ?
Malgré la diffusion de produits emblématiques de la mondialisation,
l'uniformisation des pratiques culturelles ne semble pas être une
réalité.
- Définition et géographie des aires de civilisation
- Le mot « civilisation » est forgé au XVIIIème
siècle par les philosophes des Lumières.
II est issu du latin civis, citoyen, qui fait référence
à une personne dite civilisée car vivant dans la cité,
c'est-à-dire une société régie par des lois.
II désigne aujourd'hui un ensemble de sociétés présentant
un certain nombre de traits communs : valeurs, pratiques, croyances, langues,
représentations du monde...
- Fernand Braudel et à sa suite Samuel P. Huntington distinguent
sept à neuf grandes
aires de civilisation dans le monde. Construites sur le temps long,
ces civilisations sont pour certaines très anciennes : les civilisations
hindoue et chinoise ont plus de 3 500 ans d'histoire. D'autres sont plus
récentes : la civilisation musulmane apparue au VIIème siècle
ou la civilisation dite occidentale, née en Europe au Moyen Âge
et étendue ensuite en Amérique et en Océanie sous
l'effet de la colonisation européenne.
- Ces aires de civilisation constituent des ensembles d'étendue
inégale et discontinue. Leurs limites sont difficiles à
fixer précisément et ne recoupent pas toujours celle des
Etats. Un pays peut ainsi appartenir à plusieurs aires de civilisation.
De plus, ces frontières sont mouvantes au cours de l'histoire.
La civilisation occidentale est la plus étendue : elle englobe
une bonne part de l'Europe, l'Amérique du Nord, l'Australie et
la Nouvelle-Zélande. Ses limites sont controversées à
l'est de l'Europe et en Amérique latine, où la culture occidentale
se mêle aux héritages précolombiens et africains.
- Les systèmes de représentation du monde, et surtout la
religion, jouent un rôle majeur dans la définition des aires
de civilisation. Même s'il déborde largement l'aire de civilisation
occidentale, le christianisme marque profondément cette civilisation.
L'inscription de la référence au christianisme dans la Constitution
européenne prônée par la Pologne, l'Espagne et l'Italie
a suscité de vives discussions au sein de l'Union européenne.
Après une période de recul, un retour du religieux dans
la vie politique est observable en Occident, notamment aux États-Unis.
Sa manifestation la plus radicale est le fondamentalisme chrétien.
- La dimension religieuse est également primordiale dans l'appréhension
de la civilisation musulmane. L'islam ne se réduit cependant pas
à une doctrine religieuse, c'est aussi un ensemble de normes juridiques
(loi islamique ou charia) et morales qui règlent le fonctionnement
de la société dans son ensemble. Dans des pays comme l'Iran
ou l'Arabie saoudite, le domaine du religieux est inséparable de
celui du politique. Face au conservatisme religieux, des réformateurs
tentent d'engager une réflexion sur le statut de la femme dans
la société islamique et sur la refonte du système
éducatif. Fin 2003, le Parlement marocain a entamé l'examen
d'un nouveau code de la famille (moudawana) tendant vers une égalité
de droits entre l'homme et la femme.
- Les civilisations de l'Asie (monde indien, Asie de l'Est et du Sud)
se distinguent par leur dynamisme et leur poids démographique.
Elles sont portées par des formes de pensée davantage philosophiques
que religieuses, marquées par le confucianisme, le bouddhisme ou
l'hindouisme. Des différences notables existent au sein de ce vaste
espace. Né en Inde vers 1500 av.JC., l'hindouisme s'appuie par
exemple sur une division sociale en castes que le bouddhisme rejette.
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