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Introduction (voir
carte pour une présentation)
L'Asie orientale (Japon, Corée du Sud, Taiwan,
Chine littorale, Singapour), soit 1,4 des terres émergées,
rassemble 13 % de la population mondiale, mais fournit près de
17 % du produit économique mondial et 1/5e des exportations mondiales.
En trois décennies (1960-1990), cette région a connu une
croissance exceptionnelle, partie du Japon pour s'étendre aux NPI,
puis aux régions environnantes. Ce miracle économique suscita
des interrogations ; plusieurs facteurs furent avancés pour expliquer
les performances de la région. Mais la crise, qui déstabilisa
les économies à la fin des années 1990, vint rappeler
leur vulnérabilité.
I. Les aspects de la puissance de l’aire asiatique
A/ Un grand foyer de population (environ 800 millions d'habitants)
La zone concentre le 1/3 de l’humanité soit 2 milliards d’habitants
(et 800 millions si on ne tient compte que des provinces littorales chinoises)
sur environ 12 % des terres émergées.
Les densités sont très fortes sur les littoraux, dans les
plaines, les deltas et les vallées. Les montagnes restent boisées
et faiblement occupées. Elles font souvent l’objet de croyances
religieuses. La mer offre depuis toujours un espace nourricier (pêche,
aquaculture…)
Des politiques ont réduit la fécondité. Ainsi le
Japon et les NPI ont atteint la maturité démographique tandis
que la Chine s’en rapproche grâce à des campagnes malthusiennes
lancées dans les années 70.
Cette population a été un réservoir important de
main d’œuvre à bon marché, et représente surtout
un formidable marché de consommation.
B/ Une croissance économique spectaculaire
Cette aire a enregistré des taux de croissance très forts,
d’abord au Japon puis dans les autres zones (7% en moyenne dans les NPI
de 1965 à 1995). Certes un ralentissement s’est produit à
partir de 1990, aggravé par la crise de 1997, mais la croissance
s’est maintenue ou a repris ( Chine : 9% en 2003). Ce processus rapide
de développement a marqué le vocabulaire. Ainsi on a parlé
de « miracle asiatique » et c’est dans cette aire que le concept
de NPI a été employé la première fois. De
façon plus imagée ces pays ont même été
qualifiés de « Dragons » (Corée du sud, Taïwan,
Singapour et Hong-Kong) ou de « Tigres » (pays de la péninsule
indochinoise) pour faire référence à leur agressivité.
Le poids de la région dans l'économie mondiale s’est accru
puisqu’elle effectue désormais 1/5 des exportations mondiales notamment
pour les produits des industries manufacturières (85 % des exportations).
Aussi les niveaux de vie ont augmenté.
C/ l'industrie, clé de cette croissance
Tous les types d’industries sont représentés depuis les
industries lourdes (Sidérurgie, constructions navales…) jusqu’aux
fabricants de matériel informatique en passant par les industries
de biens de consommation comme l’automobile (Samsung) ou l’électroménager,
hi-fi, son, vidéo… Dans tous ces domaines les technologies de pointe
sont utilisés.
Les industries manufacturières sont donc la « colonne vertébrale
» du développement.
Depuis les années 80, les pays s’orientent vers le tertiaire supérieur
; finances, assurances, tourisme…
D/ Une région structurée par des
flux et des métropoles.
L’importance des flux caractérise fondamentalement la région.
Ils sont là aussi de tous types , aériens , maritime… et
ont été rendus possibles par la construction d’infrastructures
modernes. La région apparaît comme la plus grande façade
maritime du monde avec :
- des ports puissants comme Singapour, Hong-Kong, Pusan et ceux de
la Mégalopole japonaise.
- Des aéroports internationaux.
- Un réseau de places financières (Tokyo, Singapour…)
- Des réseaux de télécommunications divers :câbles,
satellites…
Des carrefours majeurs (hubs) assurent les contacts avec
les flux mondiaux et les redistribuent le long d’itinéraires secondaires
(spokes) à l’intérieur de l’Asie.
II. Les facteurs de la puissance
Mis à part pour la Chine les facteurs naturels
ne jouent pas un rôle important puisque la plupart des pays sont
dépourvus de ressources naturelles (Japon et 4 Dragons). Ce sont
surtout les facteurs historiques, humains et économiques qui ont
été déterminants.
A/ Les facteurs historiques
- Le rôle précurseur du Japon
Le Japon est entré relativement tôt dans
l’élaboration d’une économie industrielle. Son décollage
date de 1868 (« ère Meiji ») quand l’Empereur décide
de l’industrialisation. Les structures féodales évoluent
pour une modernisation progressive. L’Etat intervient pour moderniser
le pays et les premières grandes entreprise apparaissent (Keiretsu).
Dépourvu de matières premières le Japon devient impérialiste
ce qui l’emmènera à la confrontation avec les USA en 1941.
Après la Seconde guerre mondiale le Japon passe du statut de vaincu
à celui d’allié privilégié des USA qui, dans
le cadre de l’endiguement font du Japon un rempart contre le communisme.
Les grandes entreprises se reconstituent (Keiretsu). L’Etat intervient
avec le MITI (ministère de l’Industrie et du Commerce Extérieur).
- Le rôle déterminant des USA
Il a été déterminant pour le Japon
mais aussi pour les Dragons qui dans le cadre de la guerre froide, ont
fortement bénéficié de l’aide américaine ;
car ils jouaient un rôle de bastions anticommunistes.
B/ Les facteurs économiques
- Une stratégie en commun : le « vol d’oies sauvages
»
Image utilisée pour décrire la stratégie
de développement du Japon : importation d’une technologie, production
pour le marché intérieur, exportations puis remontée
des secteurs industriels. L’expression a été élargie
au développement successif des pays asiatiques. Le modèle
japonais s’est donc diffusé dans l’Asie du sud-est. Le schéma
a partout été le même : s’appuyer sur des bas coûts
de main d’œuvre pour importer des composants, les assembler puis les exporter.
Au fur et à mesure que la population voit son niveau de vie augmenter,
on remonte vers les secteurs à haute technologie nécessitant
une main d’œuvre qualifiée et peu de matières premières.
Enfin le rôle d’atelier de montage est abandonnée aux pays
voisins qui bénéficient d’une main d’œuvre meilleur marché.
Partout sauf à Hong-Kong, le rôle de l’Etat a été
important pour orienter les productions et financer les infrastructures.
Le fer de lance de la stratégie japonaise a été
le rôle des grandes entreprises : les « keiretsu » Mitsui,
Mitsubishi…) en relation avec le MITI. Ces conglomérats reposent
sur la participation croisée et la diversité des activités.
Chaque entreprise dispose d’un groupe bancaire, de maisons de commerce
(les « sogo-shoshas ») et de firmes industrielles qui sous-traitent
la fabrication des composants à des PME/PMI.
La Corée du sud a développé la formation de grandes
entreprises : les « Chaebols ».
Les cités-états ont surtout bénéficié
de l’accumulation de capitaux et ont surtout développé les
exportations
La Chine communiste mène des réformes progressives depuis
les années 80 vers l’économie de marché. Elle a bénéficié
d’investissements de la diaspora et étrangers en créant
d’abord des zones franches (ZES) puis en ouvrant l’essentiel du littoral
aux capitaux étrangers (attrait des FMN qui délocalisent).
Elle a intégré depuis peu l’OMC.
C/ Les facteurs culturels
Les hommes sont un atout important de la puissance.
La tradition confucéenne attribue un rôle fondamental à
la collectivité, au groupe plutôt qu’à l’individu.
L’attachement au groupe et le respect des hiérarchies ont favorisé
une société consensuelle qui transparaît aussi dans
l’entreprise où le salarié n’hésite pas à
faire des heures supplémentaires et où l’ancienneté
est primordiale. Ainsi le développement s’est appuyé sur
cette main d’œuvre qualifiée, docile, (au départ) bon marché
mais aussi sur un nationalisme économique et une paix sociale qui
permettent de compenser un faible niveau de protection sociale.
Ces valeurs asiatiques s’opposent à l’hédonisme occidental.
Quant à l’importance de ces phénomènes culturels
pour expliquer le développement, ils sont sujets à polémique(s).
III. Les limites
A/ Le modèle en question ?
• Des crises graves ont souligné les limites du système
économique asiatique. La crise japonaise de 1990, liée à
l'éclatement de la « bulle spéculative », a
été suivie d'une décennie de croissance ralentie.
Elle a été un facteur de la crise financière, partie
de Thaïlande en 1997, qui a entraîné des perturbations
économiques et sociales dans toute la région.
• Les origines de ces difficultés font l'objet de vives discussions
parmi les économistes, mais les avis convergent sur quelques points
: la critique d'une valorisation du profit à court terme, qui conduit
à des investissements à rentabilité incertaine, à
des spéculations immobilières notamment, rendues possibles
par un système bancaire qui a consenti des prêts imprudents
(« mauvaises dettes »), et par des liens de complicité
entre les décideurs politiques et financiers.
• Mais il semble que bien des prévisions pessimistes suggérées
par ces crises aient été exagérées. Des taux
de croissance non négligeables ont été retrouvés
dès les années 2000.
B/ Particularismes politiques et tensions
• Sauf en Chine, les régimes sont de type démocratique,
mais les situations politiques sont différentes. Au Japon, le parti
libéral démocrate semble usé par des décennies
au pouvoir; en Corée du Sud et à Taiwan, la démocratie
a succédé à des périodes de dictature, avec
des évolutions parfois chaotiques. A Singapour, un parti unique
assure la pérennité du pouvoir de la famille de Lee Kuan
Yew, Premier ministre pendant 30 ans. La Chine a un régime autoritaire,
avec domination du Parti communiste. Le pouvoir du gouvernement central
doit cependant composer avec les autorités provinciales. La coexistence
de l'autoritarisme politique et d'une libéralisation économique
a une certaine efficacité économique et un pouvoir attractif
pour les investisseurs internationaux. D’autres pays de la région
se réclament encore du marxisme-léninisme : la Corée
du Nord, le Viêt-Nam et le Laos.
• La disparité des régimes politiques n'est pas favorable
à la mise en place de structures de coopération économique
et à la solution des conflits. Le plus important concerne les rapports
entre la Chine et Taiwan. La première considère Taiwan comme
une province qui doit un jour revenir dans le giron de la République
populaire de Chine, fût-ce avec un statut spécial, comme
celui de Hong-Kong. Les forces qui souhaitent le maintien de l'indépendance
de Taiwan sont bien implantées dans l'île. Les oppositions
idéologiques de la guerre froide restent aussi vives dans la péninsule
coréenne.
• Enfin, les anciennes colonies du japon, Taiwan et la Corée, gardent
de mauvais souvenirs de l'occupation, et les relations sont régulièrement
empoisonnées par l'évocation de ce passé...La Chine
s’impose progressivement comme la future grande puissance asiatique.
• Ainsi les alliances n’aboutissent pas à une véritable
intégration :
L’ASEAN (Thaïlande, Philippines, Malaisie, Singapour et Indonésie)
reste depuis 1967 une association de libre-échange et l’APEC créée
par l’Australie en 1989 cherche à rassembler les états des
deux côtés du Pacifique avec les Etats-Unis.
C/ Acuité des problèmes de l'environnement
• Les très fortes densités de population, en particulier
sur des bandes côtières étroites, ont conduit à
une forte artificialisation des milieux. Elle favorise notamment la pollution
des airs et des eaux.
• Cette densité est aussi un facteur aggravant des effets de deux
fléaux naturels, les séismes et les typhons. Les premiers
sont particulièrement fréquents dans les guirlandes insulaires,
comme au Japon, mais ils affectent tout le domaine, y compris la Chine
continentale. Les seconds peuvent atteindre toutes les côtes de
la région et y provoquer des dégâts considérables.
D/ Des dépendances
Elles persistent dans l’alimentaire et surtout les matières premières.
Elles sont importantes aussi dans certains secteurs industriels comme
l’aéronautique , l’aérospatiale même si la Chine est
la 3ème puissance à maîtriser le vols habités
(premier « taïkonaute » le 15 octobre 2003).
Enfin elle est militaire notamment pour les dragons et le Japon vis-à-vis
des USA qui sont un acteur incontournable dans la région.
CONCLUSION
L'aire asiatique occupe une place majeure dans le fonctionnement
du monde actuel. Cette aire manque de cohésion du fait de la montée
en puissance d'un grand nombre d'États de plus en plus en concurrence.
Pour
un croquis de synthèse
Mots-clés
Bulle spéculative : décalage
grandissant entre l’évolution des valeurs boursières et
la valeur réelle des entreprises. C’est un mécanisme de
croissance qui comporte deux étapes. Une phase de croissance provoque
des achats qui font monter les prix et permettent des bénéfices
dont l’annonce attire de nouveaux achats, donc de nouvelles hausses. Le
processus s'arrête, en général, quand l’écart
entre les prix et l’état réel de l'économie devient
trop grand. On parle d'éclatement, comme celui d'une bulle de savon
devenue trop grande. Ce phénomène affecte entre autres les
prix fonciers et ceux des valeurs immobilières.
Mauvaises dettes : dettes contractées
par des entrepreneurs insolvables auprès de banques qui prêtent
sans contrôler suffisant les perspectives de rentabilité
des entreprises. Et aussi, dettes contractées à leur tour
par des banques mises en difficulté.
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