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sommaire

GÉOGRAPHIE

 LA FACADE ATLANTIQUE-NORD

Introduction

Trois photos pour montrer la diversité des activités : Manhattan, Houston et Cancun.
Carte avec les trois pays concernés : Canada, USA et Mexique.(cliquer sur les différents éléments de la légende)

  • Dans une perspective économique, les façades désignent "un ensemble de ports nombreux et puissants, qui sont au service d’un hinterland industriel et tertiaire actif, et en relation par les routes transocéaniques avec d’autres régions du monde, riches et sources d’échanges elles aussi". Cette définition convient parfaitement pour les façades des pays développés qui sont des lieux de concentration industrielles et les centres de décision, tertiaires, les plus actifs de la planète. D’une manière générale, le terme façade inclut la prise en compte des arrières-pays pour comprendre de quelle façon ils influencent l’organisation de ces façades.
    La façade se focalise donc sur les points les plus actifs des littoraux. Or pour ne pas se concentrer sur les points les plus actifs de la façade Atlantique-nord la notion de littoral semble plus vaste.
  • "Les zones littorales sont une interface entre deux mondes : la mer et le continent. Ce contact engendre des complémentarités, mais aussi des ruptures, tant physiques qu’humaines. L’organisation spatiale, souvent linéaire, peut ainsi connaître des discontinuités, sur le continent lui-même, entre les activités liées à la mer et les activités tournées vers l’intérieur".

Malgré un déplacement des activités vers le Pacifique, la façade Atlantique-nord qui s'étend du Saint-Laurent au golfe du Mexique sur 8000 km, reste un espace majeur de l'économie mondiale. Depuis 1994 , ces régions sont intégrées dans l'ALENA.

Problématique : En quoi cette façade mise depuis longtemps en valeur, témoigne-t-elle du renforcement des activités littorales, de l'ouverture de frontières, du poids croissant des métropoles ?

I/ Atouts et handicaps

A/Une façade plus ouverte sur l'Atlantique que sur le continent (cf carte)

  • L'Amérique du Nord ne s'ouvre naturellement sur l'océan Atlantique qu'au Sud, par le golfe du Mexique. Au Nord, les Appalaches forment une barrière qui n'est franchissable que par deux étroits couloirs : la vallée du Saint-Laurent et celle de l'Hudson. Au Sud, côté mexicain, la Sierra Madre orientale, dont les sommets dépassent les 4 000 mètres, sépare la plaine littorale des hauts plateaux du centre. Ce sont les plaines et les estuaires qui ont donc fixé précocement les hommes et leurs ports.
  • Le littoral présente deux grands types de reliefs : au Nord du cap Hatteras, les côtes rocheuses et les falaises présentent de profonds estuaires qui sont autant de sites portuaires naturels ; au Sud, les côtes sableuses et les lagunes dominent, dans lesquelles les rares fleuves se fraient difficilement un passage ou construisent des deltas immenses comme celui du Mississipi ; les sites portuaires naturels y sont rares, et sujets aux ravages destructeurs des hurricanes.

B/Une façade qui recèle des ressources naturelles (cf carte)

• Le plateau continental, baigné par deux courants froid et chaud, abrite une faune exceptionnelle. Au Nord, les parages de Terre Neuve et leurs eaux riches en morue ont attiré très tôt les Européens du Nord sur cette côte pourtant inhospitalière. Aprement disputées entre les puissances riveraines, y compris la France qui y est toujours présente grâce à ses îles de Saint Pierre-et-Miquelon, les ressources de morue et de homards sont aujourd'hui menacées. Au Sud, sur le plateau continental au Large du Yucatan, la pêche industrielle prospère, mais au risque d'un épuisement rapide des ressources locales en crevettes.
• La façade du golfe du Mexique appartient à une des grandes régions pétrolières mondiales. La production repose de plus en plus sur les réserves du plateau continental, au large de la Louisiane et du Texas (25% de la production étasunienne), et surtout sur les nouveaux champs offshore du golfe de Campêche, au Mexique. À ces réserves en hydrocarbures, s'ajoutent celles, prometteuses, du plateau continental au large des provinces maritimes canadiennes.

C/Une façade peuplée précocement (cf carte)

  • Les Européens ont abordé le continent à partir des premiers voyages d'exploration par le Sud et par le Nord. Ces deux voies de pénétration déterminent le partage du continent entre les puissances maritimes européennes de l'époque: l'Espagne, l'Angleterre, la France et les Pays-Bas.
  • Au Sud, les Espagnols, premiers arrivés, privilégient la route la plus longue mais la plus facile en raison des alizés qui les portent vers le golfe du Mexique dont ils prennent le contrôle à partir de comptoirs maritimes où se rassemblent leurs galions. Vera Cruz sert de base arrière à Cortés pour conquérir l'Empire aztèque.
  • Au Nord, Sebastiano Canot et Jacques Cartier empruntent la route la plus courte, mais aussi la plus dangereuse car il faut remonter en latitude pour trouver des vents porteurs qui les conduisent jusqu'au Saint-Laurent. Avec l'avènement de la navigation à vapeur, les ports du Nord-Est du continent, les plus proches en distance de l'Europe, s'imposent définitivement, notamment pour l'arrivée des immigrants.

II/ Une façade puissante

A/Sur le plan démographique (cf carte)

Si la façade apparaît fortement peuplée il n'en demeure pas moins des inégalités.

  • Sur la façade s'égrainent des espaces denses en population et fortement urbanisés. Plus de 200 millions d'habitants se répartissent dans quatre pôles très importants : la région des Grands Lacs et le Saint Laurent (65 millions), la Mégalopole (70 millions), le sud-est des USA (36 millions) et le Golfe du Mexique (51 millions). Le phénomène de métropolisation est très marquée en Amérique du nord avec comme symbole New York qui dépasse les 10 millions d'habitants. Mais surtout de nombreuses villes millionnaires constituent des chapelets soit dans la "Main Street"(de Québec à Chicago : la "Grande Rue"), soit dans la puissante et dynamique "Mégalopole" (800 km de Boston à Washington).
    Mexico, capitale et ville géante du tiers-monde dépasse les 10 millions d'habitants. Les villes très peuplées du Mexique n'ont pas le pouvoir de commandement de celles du nord.
  • Des espaces plus faiblement peuplées apparaissent dans le nord désertique du Mexique, Terre-Neuve ou la Nouvelle-Ecosse au Canada.

Les inégalités sont aussi sociodémographiques.

  • Au Canada et aux USA la maturité démographique a été atteinte. La croissance de la population est donc lente avec des taux faibles.
  • Au Mexique, la sortie de la transition a été entamée, mais le taux de natalité reste relativement important : 22 pour mille et la majeure partie de la population reste pauvre et peu qualifiée.
  • Aussi les flux migratoires sont importants notamment entre le Mexique et les USA. Les Maquiladoras tentent de réguler ces flux. Sur la frontière les "villes jumelles" ("Twin Cities") se développent créant un nouvel espace socio économique : la "Mexamérique". La fécondité ne cesse de baisser avec le développement et ce, d'autant plus que les Maquiladoras ont employé à leurs débuts une main d'oeuvre essentiellement féminine. La clandestinité demeure un problème important : environ 5 millions d'illégaux vivent sur le sol américain.

Au total si la frontière Canada-USA reste ouverte (car les population disposent de nombreux traits communs, niveau de vie notamment), la frontière américano-mexicaine se ferme sans exclure différentes formes d'échange.

B/Sur le plan économique

Des aires urbaines portuaires, centre d'impulsion de l'économie mondiale

Les Etats-Unis et le Canada sont nés de l'Atlantique et demeurent donc tournés vers cet océan. Aussi la façade dispose de sites portuaires y compris dans la région des Grands lacs qui participent au commerce maritime mondial. les ports disposent d'hinterlands importants ou transitent 2/3 du trafic maritime continental. La Région du Golfe voit surtout transiter des produits bruts : céréales et hydrocarbures ; trafic divers et conteneurs sur la côte Atlantique ; enfin céréales et minerais sur les Grands Lacs et le "Seaway".
Ce trafic souligne surtout l'interface avec l'Europe : 80 % du commerce avec l'Europe passe par les ports de la façade atlantique.

Des villes-monde

New York et Washington exercent un pouvoir très important non seulement sur les Etats-unis et la façade mais aussi sur la planète. Elles abritent des sièges d'organismes internationaux très importants : l'ONU à New York, le FMI à Washington.
Les CBD des villes de la Mégalopole abritent les sièges de 17O des 500 premières entreprises américaines et 10% des premières entreprises mondiales.
Le pouvoir financier de Wall Sreet pour les transactions financières et celui de Chicago pour les céréales confirment ce pouvoir de commandement.
Enfin la puissance culturelle rayonne partout avec à Boston les sièges des journaux les plus influents (New York Times) ; avec des universités prestigieuses comme Columbia ou Harvard qui attirent des étudiants du monde entier et contribuent à la puissance intellectuelle et scientifique des Etats-Unis.

Des bastions industriels

Liés aux grands ports, les zones industrialo-portuaires sont puissantes dans tous les secteurs : confection, aciéries, pétrochimie et chimie, mais aussi IAA (industries agro-alimentaire), haute technologie et centres spatiaux (Cap Kennedy en Floride).

Des pôles touristiques

Si l'attrait touristique du nord n'est pas négligeable au Canada (parcs naturels) ou à Boston (plaisance et tourisme de montagne), c'est surtout le sud de la façade qui concentre le plus d'activités touristiques grâce à milieu naturel favorable (hivers doux et agréables en Floride, climat tropical au Mexique). Plusieurs formes de tourisme de masse se superposent : tourisme de plage (Floride et Cancun), croisières dans les Caraïbes (Miami est le premier port de croisières du monde), parcs d'attraction (Disneyland et autres parcs à thème à Orlando en Floride) et enfin tourisme culturel (civilisations maya et aztèque au Mexique, Everglades en Floride)

C/Des flux dynamiques

Des flux internes à l'ALENA

  • Du nord vers le sud les principaux flux sont d'ordre financier, industriel, commercial et touristique. Entre le Canada et les USA les échanges sont à forte valeur ajoutée (produits industriels) tandis que sur le territoire mexicain les maquiladoras reposent sur des capitaux américains et sur un statut fiscal avantageux.
  • Du sud vers le nord, le Mexique est devenu le deuxième fournisseur des Etats-Unis (Pétrole, minerais ,meubles, fruits, textile...) derrière le Canada. Le flux dominant reste pourtant migratoire.

Des flux extérieurs

  • Les métropoles de la façade renforcées dans leur dynamisme par la littoralisation des activités (liée à la mondialisation) sont une véritable interface entre les zones de l'intérieur et le reste du monde surtout européen et asiatique.
  • En fin 2005 une zone de libre échange des Amériques (ZLEA) devrait voir le jour avec les pays d'Amérique du sud et renforcer le sud de la façade.

III/ Une façade aux espaces différenciés (cf croquis de synthèse)

Si la façade dispose de plus en plus d'unité grâce à l'ALENA des disparités importantes demeurent :

  • D'une manière générale entre Canada/Etats-unis et Mexique où les contrastes socioéconomiques demeurent importants notamment en termes démographique et économique : le PNB des premiers est supérieur à 25 000 $/hab. alors que celui du Mexique avoisine les 8 OOO$/hab. La limite nord-sud passe encore entre Mexique et Etats-Unis.
  • Plusieurs pôles apparaissent du nord au sud de la façade :

Le "Seaway" véritable pénétrante sur le continent et où de nouvelles activités( aéronautique, nouvelles technologies ) cohabitent avec les secteurs traditionnels liés aux transport.

La Manucfaturing Belt qui a traversé une crise très importante dans les années 80 et qui est plein renouveau économique. Ce dynamisme profite surtout à la Mégalopole dont le poids politique, économique et culturel reste prédominant.

Les nouvelles régions du sud américain qui s'organise autour de métropoles comme Atlanta, Orlando, Miami ou Dallas. L'héliotropisme et les nouvelles activités profitent à ces régions de la Sun Belt.

La côte mexicaine profite des implantations des maquiladoras, de l'exploitation des hydrocarbures et des centres touristiques récents.

 

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